Le segment du small-cap s’est imposé comme le moteur du marché M&A français en 2024, avec une progression du volume d’opérations de 27 % par rapport à l’année précédente. Porté par un effet de rattrapage post-2023 et une moindre exposition aux cycles économiques, le marché a même dépassé son record de l’année 2021, selon une étude du cabinet de conseil In Extenso. 

Le phare au milieu de la tempête ? Si l’activité M&A européenne a subi une chute de 15,5 % en volume entre 2023 et 2024, le small-cap français enregistre, lui, une hausse de 27 % du nombre d’opérations sur la même période, selon In Extenso. Moins exposé aux aléas économiques et politiques que les segments du mid ou du large-cap grâce à une taille de ticket moins importante (entre 1 et 50 M€), le small-cap bénéficie aussi du vieillissement des dirigeants de PME qui multiplient les opérations de cession. Le cru 2024 a profité du rattrapage lié au report de transactions de l’année précédente favorisé par la stabilisation des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE).

Cette hausse du nombre d’opérations a été tiré par les sociétés non cotées pour 72 % d’entre elles alors que ce chiffre atteignait 67 % en 2023 et 17 % par les fonds d’investissement, contre 21% l’an passé.

Retour en force du BTP

La majorité des secteurs d’activité profitent de cette hausse, mais celui des TMT reste en tête avec 371 deals complétés. Plus étonnant, alors qu’il figurait parmi les cancres du tissu économique français en 2023 avec une baisse de 54% de son activité M&A, le BTP se rattrape avec une hausse de 164% en 2024, tiré par l’activité des sociétés du second œuvre et de rénovation des bâtiments.

L’énergie et les biens de consommation signent, eux aussi, une année intéressante. En hausse de plus de 40 %, quand les transports ferment la marche avec une chute de 18 % de leur nombre d’opérations de cession-acquistion, confirmant sa torpeur actuelle.

L’axe Paris-Lyon continue de sourire, l’Aquitaine patine

L’Île-de-France demeure le moteur de l’activité économique française et du marché du M&A. En 2024, la région a recensé 460 transactions contre 343 en 2023, soit une hausse de 117 %. L’axe entre les régions parisienne et lyonnaise représente 50,4 % des opérations de l’année. Figurant dans le peloton de tête  des régions les plus actives en 2023, la Nouvelle-Aquitaine est la seule à avoir enregistré une baisse d’activité en 2024. Elle conserve néanmoins sa 5e place au rang des régions les plus dynamiques de l’Hexagone.

En 2025, si la prudence reste de mise, le marché du small-cap devrait se stabiliser autour de son niveau historique. Dans un environnement marqué par une instabilité géopolitique persistante, la pression reste forte sur les investisseurs pour déployer leur capital. À cela s’ajoute la maturité des portefeuilles détenus par les fonds d’investissement, qui pourraient relancer les opérations d’acquisition et de cession après une année 2024 agitée par de fortes stratégies de build-up.

Tom Laufenburger