Ynsect, la start-up phare de la production de protéines. à base d’insectes, destinées à la consommation animale et humaine, a été placée, à sa demande, en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce d’Evry. L’objectif est désormais de trouver un repreneur pour garantir la survie de l’entreprise.
La descente aux enfers continue, Ynsect placé en redressement judiciaire
Le ver est dans le fruit. C’est précisément pour renverser son lent déclin qu’Ynsect a choisi en ce début de mois de mars 2025 de demander son placement en procédure de redressement judiciaire afin d’attirer de potentiels repreneurs et sauver les emplois de ses 200 salariés.
L’un des leaders mondiaux de la production de protéines à base d’insectes préparés pour l’alimentation des animaux, des hommes et des plantes connaît des difficultés croissantes depuis la crise du Covid-19. Le site de la méga-usine de Poulainville qui devait permettre à l’ancienne licorne de passer un nouveau cap dans son développement a été livré avec deux années de retard, ce qui ne lui a pas permis d’honorer les 200 millions de commandes que l’entreprise avait déjà reçus.
En avril 2023, elle réalise un dernier tour de table de 160 millions d’euros pour compenser la perte engendrée par ce retard, qui s’élevait à 80 millions d’euros sur cette année. Au total, depuis sa création en 2011, Ynsect qui souhaite révolutionner les systèmes alimentaires mondiaux est parvenu à lever 600 millions d’euros. Une somme malgré tout insuffisante pour échapper aux perturbations d’un marché encore trop peu mature.
Reprise attendue par un concurrent ou une banque ?
Plusieurs candidats à la reprise se seraient déjà manifestés auprès d’Hélène Bourbouloux, administratrice judiciaire sur ce dossier. Deux concurrents auraient déjà approché l’ancienne pépite alimentaire française, dont Nestlé, selon Les Échos et Mars, selon L’Usine nouvelle.
En revanche, selon le média Maddyness, Bpifrance pourrait tenter de sauver Ynsect aux côtés d’un fonds singapourien afin de diluer le risque. Il ne reste désormais que quelques semaines avant de savoir qui aura obtenu l’aval du tribunal de commerce pour reprendre cette société prometteuse, dont les jours semblent désormais comptés.
Tom Laufenburger