Composée d’une douzaine de banquiers, l’équipe restructuring de Lazard en France travaille sur des dossiers qui requièrent des compétences variées. D’où l’intérêt de se reposer sur un réseau et des expériences solides.

Banquier en restructuring est une profession difficile à définir de prime abord. "Le métier de banquier d’affaires spécialisé dans le conseil en restructuring demande un certain niveau d’expérience et une combinaison d’expertises diverses", explique Aurélien Gore Coty. Cet associé-gérant chez Lazard souligne que "chaque situation est unique et nécessite une approche sur mesure pour apporter la meilleure réponse à la problématique de notre client." Les financiers planchent sur les sujets de bilan des entreprises, mais aussi sur des questions juridiques ou encore stratégiques et opérationnelles.

Ces dernières années, les cas traités par les professionnels ont évolué. "Sur la période 2010-2020, 70 % des dossiers concernaient des entreprises surendettées, constate François Guichot-Pérère, associé-gérant et coresponsable de l’équipe restructuration et dette en Europe. Depuis 2022, pour des raisons qui ne sont pas toujours liées au Covid ou à la guerre en Ukraine, il s’agit plutôt de grands corporates, cotés ou non, qui doivent faire face à des secteurs fragilisés. C’est le cas du retail ou des services à la personne au sens large."

Reflet de la société

Lazard accompagne les débiteurs, mais peut, dans des configurations bien précises, se mettre du côté des créanciers. Les banquiers s’appuient les uns sur les autres en France et à l’étranger pour former des équipes adaptées à chaque affaire. Celle spécialisée dans le M&A peut par exemple intervenir lorsqu’une cession est nécessaire pour redonner de l’air à une société. Dans tous les cas, la confidentialité est de mise.

"L’urgence nécessite de fonctionner en mode commando"

Pour François Guichot-Pérère, ce qui est intéressant lorsqu’un dossier devient médiatique, c’est de constater la manière dont la société l’appréhende. "Contrairement à d’autres pays, la constante en France reste la protection de l’emploi, particulièrement dans l’industrie."

Proximité

Si Lazard en France s’appuie sur ses experts parisiens et son réseau international, car ses dossiers revêtent souvent une dimension extraterritoriale, la notion de proximité reste incontournable. "Notre ancrage local constitue un atout, souligne Emmanuel Plantin, associé-gérant. L’urgence nécessite de fonctionner en mode commando. Nos clients ont besoin que l’on soit à leurs côtés à toutes les étapes de la restructuration." Ce qui pousse les équipes à être présentes des semaines entières dans les villes concernées s’il le faut.

En tout, une douzaine de banquiers composent la branche restructuring hexagonale. "Nous avons fait le choix d’une équipe resserrée et expérimentée, explicite François Guichot-Pérère. L’ensemble des membres vient du monde du crédit et dispose à la fois d’une grande maturité et de solides compétences financières, juridiques et sectorielles." À l’instar des autres acteurs du restructuring, les banquiers de Lazard poussent les sociétés à résoudre les problèmes le plus en amont possible afin de pouvoir faire appel à la palette la plus large possible de modes de résolution des difficultés.

Olivia Vignaud