Veolia semble prêt à apaiser la situation avec Suez. Antoine Frérot, son PDG, propose que le fonds Meridiam reprenne l’ensemble des activités de Suez en France. Trois jours après les déclarations de Philippe Varin, PDG de Suez, qui souhaite n’entamer de nouvelles discussions qu’en cas de révision de l’offre, les négociations pourraient reprendre.

Il s’agit d’un nouveau rebondissement dans le feuilleton impliquant les deux groupes français. Après la tentative d’OPA de Veolia au cours du mois de février, contestée devant les tribunaux par Suez, les discussions étaient à l’arrêt. Suez ne semblait vouloir négocier que sur l’éventualité d’un projet alternatif – mené par les fonds Ardian et GIP – quand Veolia n’acceptait de négocier qu’au sujet de son propre projet d’OPA.

Une réouverture possible des pourparlers 

Lundi, pourtant, Philippe Varin a ouvert la porte à d’éventuelles négociations au cours d’un entretien accordé au Figaro. S’il rappelle avoir examiné dans le détail puis refusé l’offre de Veolia, le PDG de Suez a ajouté que le conseil d’administration du groupe pourrait "recevoir [Antoine Frérot] pour parler de cette proposition, à plusieurs conditions".  Tout d’abord, le prix de l’opération est évoqué, jugé trop bas. En outre, la durée des engagements sociaux devrait être remontée à quatre ans et s’appliquer à l’ensemble des salariés du groupe indépendamment de leur situation géographique. Enfin, le soutien et la perpétuation d’une R&D au rayonnement mondial doivent être assurés. 

De son côté, Antoine Frérot s’est exprimé ce jeudi dans Les Échos, proposant "de maintenir intact Suez en France, avec toutes ses activités dans une même entreprise et sous la même marque Suez". Si Veolia, pour des raisons d’anti-trust, devait céder les activités de Suez Eau France à Meridiam, ce dernier devrait alors être le repreneur unique de tous les métiers dans l’Hexagone. Cette proposition permettrait à tous les salariés de France de conserver les garanties proposées par Meridiam pour la reprise de Suez Eau France – maintien de l’emploi sur au moins quatre ans, stabilité de l’actionnariat pour vingt-cinq ans et capacité de financement renforcée –, et ce, indépendamment de leur secteur d’activité. Les clients, de leur côté, ne devraient donc pas voir de différence et continuer à bénéficier de toutes les capacités de recherche et développement existant en France. 

Concernant le montant de l’opération, Antoine Frérot estime ce dernier plus que correct, rappelant qu’il a notamment été proposé par Ardian et GIP et accepté à bras ouverts par Suez. Le prix, de 18 euros par action, avait été calculé sur la base du cours de l’action en Bourse au cours du dernier trimestre avant la crise sanitaire (14,20 euros) et offrant une prime de près de 25 %.

La cession des actifs de Suez en Australie et au Royaume-Uni fait débat

Si la porte est ouverte par Suez et l’effort consenti par Veolia, les négociations en cours dans le cadre de la cession d’actifs des activités déchets en Australie et au Royaume-Uni pourraient poser problème. Le premier se défend de toute action visant à déstabiliser l’opération entreprise par Veolia, affirmant qu’il ne s’agit que de la continuité d’un plan de rotation d’actifs pour 2030 entrepris dès 2019. De précédentes cessions ont eu lieu – et ont été réinvesties – dans ce cadre, et ces opérations visent à recentrer l’activité du groupe sur "l’eau, les technologies et les déchets à valeur ajoutée" précise Philippe Varin. 

De son côté, Veolia, qui consent à conserver Suez en France, devrait tenter d’empêcher ces cessions à l’international. Le groupe menace notamment de rechercher en justice des administrateurs de Suez si ces derniers ne mettaient pas un terme aux négociations. L’affaire n’est donc pas encore réglée, mais pourrait évoluer prochainement en cas de discussions entre les deux géants français.  

David Glaser

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