Où trouver le financement pour sa croissance ? À l’heure où les liquidités sont surabondantes, la question peut sembler superflue pour les entreprises. Le crédit bancaire, qui représente 61 % du financement par l’emprunt des entreprises françaises, est porté par la politique accommodante de la Banque centrale européenne et la baisse des taux. En 2018, le taux d’intérêt moyen des prêts accordés aux sociétés non financières a plafonné à 1,56 %, un plus bas historique, selon l’agence de notation S&P. À fin février 2019, les crédits mobilisés par les entreprises françaises progressaient ainsi de 5,3 % sur un an, à plus de 1 003 milliards d’euros, et ont alimenté le dynamisme des PME et ETI hexagonales.

La France s’est aussi imposée comme la championne européenne de la désintermédiation – l’accès direct des entreprises au financement sur les marchés. La tendance s’est accélérée en Europe depuis la crise de 2008. En 2017, les sociétés non financières françaises, essentiellement de grandes entreprises, levaient 32 % de leurs financements en se passant de l’intermédiaire bancaire.

Poudre sèche

En parallèle, l’investissement en capital gagne du terrain, aussi bien pour les start-up que pour les sociétés bien installées. Le private equity – l’investissement dans le non-coté –affiche une santé éclatante. En 2018, le capital-investissement français battait des records levant 18,7 milliards d’euros soit une hausse de 13 % sur un an, et finançant les entreprises à hauteur de 14,7 milliards d'euros. Au niveau mondial, la tendance est similaire : le private equity représentait 582 milliards de dollars d’investissements l’année dernière, et les acteurs du secteur disposaient de 2 000 milliards de dollars de « poudre sèche », à savoir de réserves.

Seuls les marchés boursiers, aussi bien français qu’européens, échappent à cet élan : en 2018, 21 entreprises ont fait leur entrée sur la place parisienne pour un montant levé d’1,1 milliard d’euros. Un an auparavant, elles étaient 19 à avoir fait ce choix mais avaient récolté 2,4 milliards.

Objectif croissance

Les nouvelles formes de financement, du financement participatif (crowdfunding, crowdlending) aux levées de fonds en cryptomonnaies (ICO), ont aussi su se faire une place, certes encore modeste. L’année dernière, le financement participatif aux entreprises a atteint 653 millions d’euros en France, en progression de 31 % par rapport à 2017. Et, selon le rapport sur les monnaies virtuelles remis par Jean-Pierre Landau à Bruno Le Maire en 2018, le montant moyen des ICO françaises s’élève à 8,1 millions de dollars.

Cette surabondance de liquidité ne doit pas masquer les décisions stratégiques que doivent prenre les entreprises. Outre le choix du partenaire et des modes de financement capables d’accompagner leur développement, certaines devront soutenir une hypercroissance, d’autres un investissement massif dans leur outil industriel, leur R&D ou leur croissance externe. Certaines feront le choix de l’autofinancement, d’autres celui de la finance alternative. Avec pour objectif commun d’emmener leurs projets toujours plus loin.

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