Stelliant, leader français des services assurantiels, continue de renforcer sa présence auprès des particuliers, des professionnels et des entreprises. Christophe Arrebolle, son président, nous raconte l’évolution de l’activité du groupe ces deux dernières années. Spoiler : son objectif est de pouvoir intervenir sur toute la chaîne du risque.

Décideurs. Nous nous étions rencontrés il y a deux ans. Vous présentiez à l’époque votre projet d’entreprise One Stelliant. Nouvelle ambition, nouveau positionnement, nouvelle gouvernance. Quelle est la place de Stelliant sur le marché ?

Christophe Arrebolle. Nous avons continué de nous développer. Aujourd’hui, Stelliant réalise un chiffre d’affaires de 310 millions d’euros. Présent dès l’origine sur l’expertise pour le particulier, le groupe s’est renforcé sur les segments de la construction et le risque d’entreprise sur lequel nous sommes aujourd’hui un acteur majeur.  Nous avons progressivement diversifié notre offre en développant des services complémentaires à l’expertise : décontamination, recherche de fuite, désamiantage et réparation en nature…

Nous avons également structuré un pôle d’ingénierie technique qui regroupe des économistes de la construction, des spécialistes de l’étude des sols et de la maîtrise d’œuvre. Ce pôle fait le lien entre les différents risques et les solutions de remise en état sur des projets plus ou moins complexes. 

Le groupe est présent sur le conseil, la prévention et les investigations, sur le risque cyber notamment, mais aussi en recherche de causes et circonstances incendie. Enfin, nous avons développé un pôle délégation et externalisation de la relation client pour accompagner les assureurs et les entreprises dans la gestion déléguée des contrats, des ­sinistres, des run off et l’expérience client.
 

"Nous mettons à disposition de nos clients des solutions qu'ils assemblent, comme ils le souhaitent, en fonction de leurs besoins"

Toutes ces activités vous permettent, donc, d’intervenir sur l’ensemble de la chaîne du risque ?

Oui, elles nous permettent de disposer d’un large panel de compétences pour gérer les risques et les sinistres que rencontrent les particuliers, les professionnels et les entreprises. Au-delà de l’expertise, nous sommes en mesure de proposer des solutions de prévention ou d’accompagner nos clients dans la gestion de crise que ce soit après un acte de malveillance, un incident technologique ou industriel, un événement climatique de grande ampleur par exemple. Dans un dossier récent, à la demande d’une entreprise, nous avons pris en charge la recherche de cause, réalisé une partie de l’expertise, fait intervenir nos spécialistes pour coordonner l’ensemble de la mission et prendre en charge la remise en état et le redémarrage des activités. Les solutions que nous proposons sont indépendantes et associées, au cas par cas. Nous conseillons nos clients, mais ce sont eux qui décident de faire appel à un ou plusieurs de nos services.

Proposez-vous toujours des spécialistes qui appartiennent aux sociétés du groupe ?

Pas nécessairement. Nous pouvons faire intervenir les sociétés de décontamination du groupe (Phenix ou Sovea), mais aussi nous appuyer sur des concurrents. Nous opérons également comme une plateforme de services ouverte avec des partenaires : ça fait partie intégrante de notre modèle. Nous mettons à disposition de nos clients des solutions qu’ils assemblent, comme ils le souhaitent, en fonction de leurs besoins et spécificités. Certains décideront de nous confier la totalité de la gestion de leurs risques, d’autres préféreront ne sélectionner qu’une partie des compétences du groupe. Nos experts conservent leur autonomie sur les dossiers et mettent en concurrence les équipes internes avec des équipes externes.

Une idée dans les tuyaux il y a deux ans qui s’est concrétisée depuis ?

Il y a deux ans, nous sommes partis de la délégation de gestion pour remonter dans la chaîne de valeur.  Nous avons développé, pour des clients, la possibilité de les accompagner dans la vente et dans l’après-vente. Nous sortons ainsi un peu du domaine de la gestion de sinistres, mais cela nous permet d’avoir une réponse très technique et de proposer des solutions ayant trait à la relation clients. Nous avons aussi consolidé chacun des métiers. 

"Avec Stelliant Expertise, nous sommes en mesure d’assembler les expertises"

Toutes nos activités d’expertise sont rassemblées depuis fin septembre 2021 sous une seule marque : Stelliant Expertise. La naissance de cette marque unique traduit la volonté du groupe d’améliorer la lisibilité de son offre sur son cœur de métier. Une marque qui rassemble un pôle de compétence de plus de 900 experts et regroupe 30 spécialités (risques financiers, informatiques, construction, environnementaux, motors, industriels…). Elle incarne la capacité des experts du groupe à assurer la résolution de tous types de sinistres, du plus simple au plus complexe, en responsabilité civile comme en dommage, sur l’ensemble des secteurs d’activités. Stelliant Expertise offre aux clients la possibilité de venir chercher une spécialité… Ou des spécialités. Nous sommes en mesure d’assembler les expertises. Par exemple, nous avons développé une offre spécifique pour les pros.

Nous avons de nombreux projets. Notre stratégie est d’essayer d’accompagner la transformation de nos marchés et de notre environnement, lui-même en plein ­mouvement.

L’activité de prévention est-elle importante pour Stelliant ?

Nous sommes très présents sur le risque cyber. Nos spécialistes prenaient déjà en charge de nombreuses réponses à incident il y a deux ans, ils le font encore davantage aujourd’hui. Nous gérons l’après-sinistre, mais nous sommes également sollicités, en amont du sinistre, sur de la prévention. Pour continuer à nous développer dans ce domaine, nous recrutons des spécialistes, nouons des partenariats et poursuivons notre croissance externe pour compléter nos solutions. Par exemple, notre filiale Inquest vient tout juste de nouer un partenariat avec la société Citalid pour proposer une modélisation financière unique du risque cyber sur mesure pour chaque entreprise. La solution est un véritable outil d’aide à la décision permettant d’orienter les dépenses de sécurité et le choix de la couverture du risque au plus près des enjeux.

"Il y a de nombreuses opportunités en interne"

Le recrutement est-il facile ? Avez-vous adapté les plans de formation des équipes en conséquence ?

Nous voulons recruter et former. L’an dernier, nous avons embauché entre 300 et 400 personnes. Cette année, ce sera sans doute autant, sur des métiers souvent très techniques. Ça représente un gros travail de recherche et de formation. Nous accueillons des jeunes qu’il faut former, des personnes avec des expériences fortes qui sont intéressées par les opportunités que nous pouvons offrir. Il n’y a pas de profil type, mais au contraire la possibilité pour chacun de pouvoir apporter son expérience ou sa volonté d’entreprendre. Nous recherchons des équipes performantes, à la fois sur la technique, le juridique et le relationnel. Ces trois piliers sont indissociables. La personne qui maîtrise d’entrée les trois sujets n’existe pas, mais tout s’apprend. Il y a des juristes qui ont envie d’aller sur le terrain ; se former à la technique n’est pas impossible. Il y a de nombreuses opportunités en interne.

Est-ce qu’il y a un parcours idéal ?

Il y a de nombreux parcours, mais pas un parcours idéal. Quand une personne intègre le groupe, elle fait son apprentissage pour basculer sur une filière technique ou du management. Les collaborateurs vont construire leur parcours. Nous souhaitons travailler avec des structures à taille humaine. Nous avons des métiers de proximité qui nécessitent de donner du sens aux équipes et aux managers. Les parcours sont diversifiés, rien n’est cloisonné. Les critères sont juste la compétence et l’envie ! 

Propos recueillis par Emmanuel Ojzerowicz et Olivia Fuentes

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