Sur fond de hausse globale des marchés, le S&P500 affichant une performance de 27% en 2021, le secteur de la gestion d’actifs confirme des tendances amorcées il y a plusieurs années, tout en s’adaptant aux enjeux actuels.

Coûts fixes, contraintes réglementaires et de conformité, pression sur les marges et les frais de gestion, avec l’envie de se développer et de chercher de nouvelles expertises, sont venus bousculer le monde de la gestion d’actifs en 2021.

Une année concentrée

T Rowe Price s’est notamment emparé d’Oak Hill Advisors et sa maîtrise du crédit privé pour 4,2 milliards de dollars. Goldman Sachs AM a racheté le gérant néerlandais NN Investment Partners doté d’une forte compétence en ESG pour 1,6 milliard d’euros. Le belge Sienna IM a réalisé trois opérations en six mois sur le sol français, avec les acquisitions successives de L’Etoile Properties, Malakoff Humanis Gestion d’Actifs et Acofi.

Dans l’Hexagone, des rapprochements ont également eu lieu parmi les "boutiques". Oudart, Actis AM, Delta AM, Ellipsis AM, Financière Tiepolo, Meeschaert AM et Métropole Gestion ont été acquises respectivement par Cholet Dupont, Financière Arbevel, Dôm Finance, Kepler Cheuvreux, J. de Demandolx Gestion, LFPI et Oddo BHF AM. Les groupes de CGP agissant comme plateformes de consolidation n’ont pas été en reste. Cyrus, appuyé par le fonds Bridgepoint Development Capital, a fait l’acquisition d’Amplegest. Le groupe Crystal, détenu par Apax Partners depuis avril 2021, a jeté son dévolu sur WiseAM. Le groupe Premium, soutenu par Eurazeo, a pris possession de Ferri Gestion via sa filiale Flornoy.

Le poids lourd de la gestion d’actifs Amundi a d’autre part réalisé un coup de maître en rachetant Lyxor, filiale de la Société générale spécialiste des ETF, pour 825 millions d’euros, avant d’accaparer plus discrètement BDF Gestion, l’activité de gestion d’actifs de la Banque de France.

Les ETF en force

Le mouvement d’Amundi atteste de l’importance grandissante des ETF dans le paysage de la gestion d’actifs. Avec une collecte globale en 2021 de plus 1 000 milliards de dollars, comparée aux 750 milliards en 2020, l’encours mondial des ETF est estimé à plus de 10 000 milliards de dollars, et dominé par BlackRock et ses fonds iShares. Une nouvelle forme d’ETF est par ailleurs en forte croissance, les « active ETFs » ou ETF gérés activement, avec 135 milliards de dollars de collecte en 2021, contre 91 l’année précédente (+48 %). Les fonds Ark Invest de Cathie Wood en sont un exemple. Une autre thématique ne se dément pas au sein des ETF : l’ESG. Près de 155 milliards de flux nets en 2021 contre 87 en 2020 (+78%).

ESG, encore et toujours

L’ISR et ses critères ESG n’en finissent pas de faire des émules. Que ce soit sur les marchés cotés ou privés, l’intérêt ne se dément pas, poussé par une lame de fond politico-écologique. Tous les secteurs y passent, et sur le non-coté, que ce soit la dette privée, les infrastructures, le private equity ou l’immobilier, les sociétés de gestion lancent de nouveaux fonds à impact, jouant leur rôle de financeurs de l’économie verte.

Le bitcoin s’immisce chez les grands

Alors que l’inflation s’est accélérée au point de faire réagir les banques centrales, l’or, longtemps considéré comme un rempart contre les hausses de prix à la consommation, subit une perte de 4 % en 2021 et en fait l’une des classes d’actifs les plus exécrables de l’année. Par contraste, le prix de celui qu’on surnomme, à tort ou à raison, l’or numérique, et malgré une volatilité élevée, augmente de 44 % sur 2021. Source de diversification, le bitcoin fait du pied aux investisseurs institutionnels qui semblent s’y intéresser de plus en plus, grâce à une meilleure liquidité et une offre grandissante.

Marc Munier

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