Avec un encours sous gestion qui dépasse les 40 milliards d’euros, Comgest figure dans le peloton de tête des sociétés de gestion indépendantes en France. Sébastien de Frouville, responsable relations investisseurs, nous dévoile comment se démarquer dans cette industrie hautement concurrentielle.

Décideurs. Quelles grandes tendances observez-vous aujourd’hui dans le secteur de la gestion d’actifs ?

S. de Frouville. La tendance est à la concentration. Concentration des sociétés de gestion et des centres de décision (investisseurs) et donc également de la collecte. Enfin, on observe depuis peu l’arrivée de fonds de private equity qui investissent plutôt dans des réseaux de distribution.

Par rapport à ces rapprochements dont vous parlez, avez-vous approché ou été approché par des acteurs du marché ?

Nous constatons que, dans le temps, les fusions ou rapprochements ne créent généralement pas de valeur. Comgest a une taille moyenne et, pour nous comme pour les sociétés dans lesquelles nous investissons, nous préférons une croissance organique, régulière et pas trop rapide. Nous avons davantage de fonds que par le passé qui ont atteint la taille critique puisque nous en gérons neuf qui ont un encours supérieur à 500 millions.  En dessous de ce seuil, vous êtes généralement hors des radars.

Comment percevez-vous la progression de la gestion passive ?

La gestion passive prend habituellement des parts de marché à des fausses gestions actives ou à des gestions actives peu performantes. Battre le marché n’est pas facile mais pas impossible. Il faut s’en donner les moyens grâce à des équipes de recherche stables qui appliquent avec discipline un process partagé par tous avec un horizon d’investissement qui n’est pas souvent celui du consensus. On se donne alors plus de chance d’avoir de bons résultats.

Quels sont les ingrédients du succès d'une société de gestion ?

C’est un cocktail en effet. Il faut avant tout bien choisir son modèle afin d’être clairement identifié pour une expertise. Ne pas aller là où vont les autres. Résister aux modes. Ne pas vouloir aller plus vite que la musique fait aussi partie des ingrédients à ne pas négliger.

"Ne pas aller là où vont les autres. Résister aux modes"

Évidemment, avoir des équipes stables et compétentes est important. Dans une approche collégiale comme la nôtre il faut réussir à faire jaillir l'intelligence collective. Cela passe par la curiosité et la diversité des profils en matière de caractère, de formation, de nationalité. Avec l’évolution de la réglementation, le point mort a augmenté durant ces quinze dernières années. Ce dernier dépend toujours beaucoup du type de gestion.

Quelles sont vos ambitions à moyen terme et vos axes de développement ?

Continuer à offrir un service de qualité aux investisseurs qui partagent notre horizon long terme et poursuivre le rééquilibrage de notre actif sous gestion entre les différents fonds de la gamme c’est-à-dire avoir davantage encore de fonds qui atteignent la taille critique. Nous devons également mieux communiquer sur nos engagements significatifs avec les sociétés, cela démontre que nous agissons comme des propriétaires et non comme des locataires dans le double objectif de remplir au mieux notre obligation fiduciaire et d’être de bons citoyens.

Nous comptons quelques victoires : nous avons par exemple fait évoluer les pratiques ESG de la laiterie chinoise Yili puisqu’elle a adhéré au Global Compact et applique désormais les dix principes d’une société durable. De même pour la société japonaise de cosmétique Kosé qui complète désormais les questionnaires CDP (Carbon Disclosure Project) pour communiquer des informations environnementales, notamment émission carbone et consommation d’eau, aux investisseurs.  

Propos recueillis par Marc Munier

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