Concentrant plus de la moitié des avocats français au sein de son barreau, Paris offre de multiples opportunités de carrière aux professionnels du droit. Les rémunérations restent très attractives, même si certains avocats sont prêts à y renoncer pour partir s’installer en province.

Au 1er janvier 2019, étaient recensés sur l’ensemble du territoire français 68 464 avocats. Le barreau de Paris concentre à lui seul 42 % de l’effectif total tandis que le barreau de Lyon prend la deuxième place avec 3 317 avocats, soit 4,2 %. Viennent ensuite les barreaux des Hauts-de-Seine avec 2 280 avocats (3,3 %) et de Marseille avec 2 183 avocats (3,2 %). Le constat est sans appel : Paris est une place particulièrement attractive pour l’exercice de la profession d’avocat. Cet engouement est aussi international puisque sur 2 422 avocats étrangers inscrits à un barreau français, Paris concentrait au 1er janvier 2019 plus de trois quarts des inscrits (soit 1 880). Sur 2 848 avocats inscrits à la fois à un barreau français et à un barreau étranger, 96 % d’entre eux sont inscrits au barreau de Paris. Le Brexit et le choix de la capitale française comme place privilégiée dans les procédures d’arbitrage international n’ont fait que renforcer son succès.  

L'atout parisien des rémunérations

Outre la diversité des offres proposées aux avocats et la variété de structures qu’il concentre, le barreau de Paris peut se targuer d’un atout incontestable : le montant des rémunérations accordées. Comme l’indique la chasseuse de têtes Marie Geyskens, les disparités entre les barreaux peuvent d’ailleurs être conséquentes : "La différence de rémunération peut être importante d’un barreau à l’autre. Entre Paris et une ville de province comme Lyon ou Lille, elle peut se chiffrer à 20 % de moins environ. Tout dépend bien sûr du type de cabinet dans lequel exercera l’avocat et de l’endroit où il exercera, auquel cas ce pourra être 30 % voire 40 % de moins." Les rémunérations dans les bureaux provinciaux de structures parisiennes sont supérieures à la moyenne du barreau local. Là aussi, tout dépendra du chiffre d’affaires généré par l’équipe installée en Province. De plus en plus de candidats souhaitent quitter Paris et son barreau pour exercer en province. Cet exil n’est pas exclusivement lié à la crise, puisqu’on le voyait depuis quelques années, mais il s’est renforcé dernièrement. Ces candidats doivent en revanche être prêts à diviser leur rétrocession d’honoraires par deux au moins. Thierry Montécatine, associé de Team Search, le confirme : "Quand les avocats quittent le barreau parisien, ils doivent s’attendre à environ 40 % de décote de leur rémunération : une perte de 20 % de leur rétrocession d’honoraires environ et de 40 % sur les primes."  

Ceux qui ne sont pas prêts à voir leur rémunération diminuer entendent modifier leur manière de travailler : exercer à paris depuis la province. ce qui suppose la mise en place d’un travail majoritairement à distance, ponctué par quelques jours de présence à paris si nécessaire. Un bon moyen d’exercer dans un cadre de vie différent tout en percevant la rémunération des cabinets parisiens. Mais, en pratique, très peu de cabinets permettent le télétravail à temps plein, le présentiel étant encore largement ancré dans la culture des cabinets. Le second confinement viendra peut-être convaincre les plus frileux de quitter le barreau de paris et d’oser renoncer à leur rémunération pour une meilleure qualité de vie. 

Marine Calvo

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