Malgré la crise sanitaire, certaines start-up du droit ont clôturé leur levée de fonds. C’est notamment le cas de LegalVisionPro, une plateforme qui permet d’effectuer des formalités juridiques en ligne cofondée par Loïc Le Goas, son président.

Décideurs Juridiques. La legaltech sortira-t-elle renforcée de la crise sanitaire ?

Loïc Le Goas. Les sociétés les plus jeunes, celles n’ayant pas eu le temps de trouver leur business model et ayant eu des financements réduits, ont certainement rencontré des difficultés pendant le confinement. En revanche, d’autres ont su en tirer bénéfice car leurs solutions sont en adéquation avec le télétravail et l’amélioration de la productivité des juristes. Les clients qui hésitaient à utiliser notre solution de formalités juridiques ont finalement basculé pendant la crise car celle-ci permet de réaliser les formalités juridiques depuis chez soi et ainsi gagner du temps.

Les directions juridiques et les cabinets d’avocats débloqueront-ils un budget dédié à leur digitalisation dans un avenir proche ?

C’était déjà leur état d’esprit il y a trois ou quatre ans, mais ils n’avaient pas forcément débloqué le budget nécessaire. Désormais, on sent que les directions des achats reçoivent des indications plus pressantes des dirigeants pour que les directions juridiques se dotent d’un budget prévu à cet effet. En ce qui concerne les avocats, la crise ne semble pas les avoir trop touchés. D’ailleurs, sur notre plateforme, le nombre de formalités des sociétés est reparti à la hausse dès le mois de juin.

Avez-vous profité de cette période pour développer de nouveaux produits ?

Oui, pour améliorer notre solution de génération d’actes juridiques et pour sortir de nouveaux services tels que la gestion des  registres dématérialisés des sociétés de nos clients. Ces services sont disponibles depuis la rentrée. C’est une offre à forte valeur ajoutée puisque désormais il n’y a plus besoin de mettre à jour et stocker des registres papier. Le covid-19 ne nous a pas non plus empêchés de lever des fonds, malgré le net ralentissement des investissements. Nous venons en effet de clôturer une nouvelle augmentation de notre capital à hauteur de 3 millions d’euros. Cela va notamment nous permettre de développer notre offre de secrétariat juridique.

Discutez-vous avec d’autres legaltechs pour la création de services communs ?

Il faut savoir que les partenariats entre les acteurs de la legaltech sont rares car nos modèles ne sont pas définitifs. Lorsqu’une alliance se réalise, elle est très performante. Concernant LegalvisionPro, nous nous appuyons dorénavant sur la technologie avancée de Registre Général pour la gestion des registres dématérialisés et nous en sommes ravis !

Comment qualifieriez-vous le niveau de digitalisation des notaires et des ­experts-comptables ?

Les notaires sont nettement en avance : ils se sont outillés pour la signature électronique au sein de leur étude il y a déjà bien longtemps et, pendant le confinement, ils ont pu proposer la signature d’actes authentiques à distance.

Pour ce qui est des experts comptables avec lesquels nous travaillons, le niveau de digitalisation est plus hétérogène.
Il s’agit d’une profession qui fait face à plusieurs défis.

Pensez-vous développer LegalVision à l’international ?

Tout à fait. Nous avons programmé l’ouverture d’un bureau à Madrid avant la fin de l’année. Le droit des sociétés espagnol étant d’inspiration française, notre technologie peut être dupliquée sans trop de difficultés. Nous nous attacherons bien sûr à nous conformer à la législation espagnole.

Propos reccueillis par Massilva Saighi

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