Autant homme de confiance qu’avocat, Florent Broc fait partie de ces conseillers proches de grandes familles françaises. Il s’est confié à Décideurs sur sa vision du métier mais aussi sur son parcours forgé par les rencontres.

Quelque chose en lui fait penser à un héros de John Le Carré. L’élégance britannique peut-être, lui qui a pourtant grandi dans les rues de Reims. La passion pour la botanique, sans aucun doute, acquise en même temps qu’une propriété d’exception dans le Loiret, pour laquelle Florent Broc a créé une association visant à faire découvrir la permaculture aux jeunes de la région. La discrétion, enfin, naturelle et nécessaire à l’espion anglais comme à l’avocat français. Mais la comparaison s’arrête là pour celui qui a su, à seulement 38 ans, gagner la confiance de quelques-unes des plus influentes familles françaises.

Un beau hasard

Pourtant, Florent Broc ne se destinait pas au droit du patrimoine. Ce fils d’entrepreneur, qui a suivi un parcours classique en droit des affaires, avait en tête une autre spécialité : les fusions-acquisitions. C’est un concours de circonstances qui le fait réaliser son premier stage au sein du département fiscal du cabinet Ginestié Magellan Paley-Vincent. « C’est à ce moment-là que je réalise l’étendue de ce que j’ignore. » Ce qui le pousse à poursuivre ses études, avec un DEA en droit fiscal : « Mon métier est à la jonction entre le droit civil, le droit des sociétés et la fiscalité. » Une triple compétence qui constitue la clé de voûte d’un savoir-faire que le jeune avocat apprend au sein de l’équipe family business d’Hervé-Antoine Couderc. Une école qui en formera d’autres, aujourd’hui incontournables dans le droit du patrimoine, de Pierre-Olivier Bernard à Sophie Dorison, en passant par Marc Vaslin. Mais c’est une autre rencontre qui accélère la carrière de Florent Broc : celle de Jean-Luc Menu, qu’il rejoint chez Fidal en 2006. À l’époque, l’avocat de 58 ans dirige le département grandes entreprises du cabinet parisien. Ancien de l’administration fiscale, Jean-Luc Menu conseille les dirigeants et familles actionnaires de sociétés d’envergure. « J’avais 26 ans. Jean-Luc Menu m’a véritablement pris sous son aile. » Deux ans plus tard, ce dernier décide de quitter Fidal et propose à Florent Broc ainsi qu’à l’une de ses associées, Caroline Semeria, de créer leur cabinet. Les clients suivent et la boutique n’a eu de cesse de croître depuis.

• S’il n’avait pas été avocat, il aurait été chef d’orchestre

• Baryton, il a interprété Agamemnon dans l’opéra-bouffe La Belle Hélène d’Offenbach

• Lorsqu’il a du temps libre, il s’adonne aux plaisirs de la pâtisserie

« Former, transmettre »

Pourtant, il reste au jeune associé à faire ses preuves dans un milieu par nature conservateur et dans lequel son jeune âge n’est pas exactement perçu comme un atout. « L’humilité est source de sûreté, philosophe Florent Broc. J’ai bien conscience qu’un patron du CAC ne confie pas ses intérêts à un avocat de 28 ans. » Mais à force de travail, l’avocat estime dix ans plus tard avoir bel et bien trouvé sa place. « Le droit du patrimoine nécessite une connaissance approfondie de la situation personnelle et professionnelle de nos clients. C’est par la rigueur et le sérieux de nos interventions que l’on acquiert, au fil du temps, leur confiance. » Et aussi par une certaine proximité, qui demande une grande implication et une disponibilité de tout instant. Quant à l’avenir, Florent Broc l’imagine à travers le développement de son activité, avec un mot d’ordre : « Former, transmettre. » Et prendre à son tour le rôle de mentor, dans la discrétion et la constance.

Camille Prigent

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